dimanche 23 octobre 2016

Planche originale Savage Sword of Conan #191 page 3 par John Buscema et Tony DeZuniga (1991)


Roy Thomas, John Buscema et Tony DeZuniga : la dream team réunie !

Le Savage Sword Of Conan 190 d’octobre 1991 est un évènement ! En effet c’était la première fois depuis dix ans qu’étaient réunis Roy Thomas et John Buscema autour de notre barbare favori. Pour couronner le tout Tony DeZuniga l’un des meilleurs encreurs de la série (le meilleur selon moi, devant Alfredo Alcala et Rudy Nebres) les avait rejoints pour l’occasion. Autant dire que ce numéro est d’anthologie surtout qu’il résume en 14 pages sublimes les principales aventures du Cimmérien depuis le sac de Vénarium jusqu’à ses aventures à la tête des pirates Barachans en passant, entre autres, par ses rencontres avec Red Sonja, Bêlit, les sorciers du Cercle Noir, Thulsa Doom, Kull ou Thot Amon (le petit veinard qui a ces pages entre les mains détient un véritable trésor !).
Dans « The skull on the seas » Conan fait équipe avec des corsaires de Khitai à la recherche d’un trésor perdu. La planche présentée ici appartient à l’épisode suivant (SSOC #191) et nous offre une superbe scène de combat digne de la grande époque. L’encrage du Philippin Tony DeZuniga fait toujours merveille. C’est précis, net et incroyablement efficace. Un peu plus d’arrière-plans ou quelques trames de zipatone auraient certes été les bienvenus, mais on ne va pas bouder notre plaisir. Surtout que dès la page 11 c’est l’infâme Ernie Chan qui prend le relais. C’est d’ailleurs très instructif de voir, sur un même numéro, comment DeZuniga sait magnifier les pencils de John Buscema et son compatriote les massacrer de son trait gras et grossier.
Aussi profitons pleinement de cette belle page et de l’aubaine de voir la Dream Team (RT, JB & TDZ) réunie et avec Conan crions : « Sus aux Stygiens ! »

dimanche 29 novembre 2015

Planche originale Amazing Spider-Man #44 page 21 (vol 2) par John Romita Jr (2002)




John Romita Jr : une araignée aux prises avec deux pieuvres !

On aime ou on n’aime pas JRJ. Nombreux cependant doivent être les lecteurs qui l’apprécient, sinon on ne lui connaîtrait pas une telle longévité et le retrouverait pas à la tête d’un aussi grand nombre de titres.
Depuis la fin des années 70, il a marqué de son style inimitable (surtout à partir de son travail sur Daredevil) les plus grandes séries avec un formidable appétit : Iron Man, Punisher, Avengers, Captain America, Daredevil, Hulk, X-Men, Thor, Spider-man (liste à compléter vous-même !)
Plus prolifique et éclectique ? Il faut sans doute remonter à « Big » John Buscema pour trouver.
Plus récemment notre homme a même fait des infidélités à Marvel pour illustrer Superman chez DC
Sur cette page encrée par Scott Hanna on retrouve Spider-Man aux prises avec Doctor Octopus et le criminel Luke Carlyle.
Spider-Man et Doc Oc ! Combien de fois ces deux-là se sont-ils affrontés ? Impossible de compter ! C’est un classique indémodable ! Doc Oc : un méchant emblématique des origines de la saga Parker. Sauf que cette fois la menace est double puisqu’un « clone » du super vilain, encore plus vicieux, se mêle à la partie ! Spider-Man a donc fort à faire !
On a ici un flamboiement de destruction bien orchestré par JrJ et une belle mise en page. Spidey accroché dans un angle comme une araignée dans sa toile. La maîtrise narrative de JrJ apparaît ici dans toute son évidence.
Egalement, la page colorisée par Dan Kemp pour vous donner une idée du « produit » final un peu flashy à mon goût.
Pour tout connaître de JRJ je vous renvoie au formidable blog de Philippe Cordier fin connaisseur – et le mot est faible – de l’univers des comics et de JRJ : Phil & Co...mics

vendredi 30 octobre 2015

Planche originale KULL "The shadow kingdom" #4 page 10 (2008) par Will Conrad


Will Conrad "The Shadow Kingdom"

Will Conrad ou plus exactement Vilmar Conrado est un artiste brésilien né en 1970 et originaire de Belo Horizonte.
Dès l'âge de 18 ans, il commence à travailler comme illustrateur pour l'industrie du spectacle, des romans et des journaux. Vers 17 ans, il accède au marché américain des comics. Il a été tour à tour encreur, cover artist et dessinateur pour Dark Horse, Image, Dynamite, Marvel, DC, sur des titres comme : Red Sonja ; Serenity, Conan, Kull, Angel & Faith, Teen Titans, Green Lantern, Nightwing, Action Comics, Elektra, Emma Frost, She Hulk, Black Panther, Wolverine, Avengers, X-Men...
Côté influences, il cite Hal Foster, Frank Frazetta, Norman Rockwell, John Buscema, Will Eisner, John Romita, Joe Kubert, Mark Shultz, Barry Windsor Smith, Neal Adams ou Mike Deodato Jr. Il avoue aussi être un grand amateur d'heroic-fantasy et avoir passé de longues heures sur les artbooks de Frank Frazetta.
Ce fan de Conan et du tandem Buscema-Alcala ne pouvait donc pas résister aux propositions qui lui ont été faites d'illustrer le Cimmérien (Conan and the Midnight God pour Dark Horse) puis Kull, mais aussi Red Sonja.
Il dit aimer "travailler sur les ombres, détailler le background et les personnages et (mettre) beaucoup d'énergie dans (ses) traits."On peut le voir sur la planche (crayons exclusivement) très dynamique, dense et fouillée, techniquement irréprochable, présentée ici et issue de la série KULL THE SHADOW KINGDOM et de la nouvelle "By this axe I rule " de Robert E Howard (pour la petite histoire Howard réutilisera plus tard cette nouvelle pour en faire une aventure de Conan en la rebaptisant : "The phoenix on the sword" )
Le roi de Valusie Kull et son fidèle Brule, le tueur à la lance (ici avec un sabre !), sont en pleine action, massacrant la race maudite des hommes serpents !
"Ka nama kaa lajerama!"
Du beau travail !

« Par cette hache je règne ! Voici mon sceptre ! J’ai lutté et transpiré pour être le roi pantin que vous vouliez que je sois … pour que je règne à votre façon. Dorénavant, je régnerai à ma façon. Si vous ne voulez pas vous battre, vous devrez obéir. Les lois qui sont justes seront conservées ; les lois qui ont fait leur temps, je les briserai comme j’ai brisé celle-là. Je suis le roi ! » ( "Par cette hache, je règne", in Kull le Roi Barbare par Robert E Howard Ed NéO, traduction François Truchaud)

Source : planetebd.com

samedi 25 juillet 2015

Planche originale Hawk & Dove #4 page 16 (2011) par Rob Liefeld



Rob Liefield : The Most Hated Man in Comics.

Rob Liefield mérite-t-il toute la haine que l'on déverse sur lui ?
De nombreux fans de comics le détestent. A tel point qu'il existe même des blogs et des sites spécialement dédiés à cette détestation ! (Fuckyeah Rob Liefeld! ; A Gallery of Rob Liefled's Anatomical Abominations -Unreality ; The 40 Worst Rob Liefeld Drawings - Progressive Boink ; I Hate RobLiefeld's Art - Hero Machine)
Même Barry Windsor Smith s'est y mis en raillant l'absence de culture et de références classiques du dessinateur : "Rob Liefeld has nothing to offer. It’s as plain as bacon on your plate. He has nothing to offer. He cannot draw. He can’t write. He is a young boy almost, I would expect, whose culture is bubble gum wrappers, Saturday morning cartoons, Marvel comics; that’s his culture. Somebody was at his house and came back with a report: There is not a single book in his house — only comic books." (interview intégrale ICI)
Habillé pour l'hiver le garçon !
Alors qu'est-ce qu'on lui reproche ? Son dessin outrancier qui se contre-fiche de l'anatomie humaine ? Le fait qu'il déteste dessiner des pieds (il le reconnaît lui-même) ? Ses armes monumentales qui débordent de canons et d'extensions ? Son succès trop rapide ? Ses "emprunts" voire ses plagiats à d'autres auteurs ? (Exemples ICI), la création pour Images et Awesome Comics de personnages étrangement similaires à ceux de DC ou Marvel (Agent America !)
Alors oui c'est vrai que certaines images peuvent heurter la sensibilité artistique de certains lecteurs. Que sa conception des hommes et des femmes est pour le moins étrange. Que les visages qu'il dessine sont affreusement lisses, tirés et exsangues (excès de Botox ?). Pourtant si on y réfléchit bien Jack Kirby et Barry Smith (pré-Windsor) ne s'embarrassaient pas non plus de ce genre de détails ! (Quant à Barry Smith son style du début était une copie de Kirby – Cf. Conan The barbarian #1 et de Steranko - Cf. Daredevil #52)
A son actif il y a quand même de bonnes choses. Il a créé le personnage (cartoonesque) de Deadpool et celui de Cable entre autres, il a fait partie du groupe de dessinateurs (avec Todd McFarlane - pas mal décrié lui aussi - , Marc Silvestri, Jim Lee...) qui ont créé Images Comics.
Chez Marvel, il a illustré Captain America pour un Captain Amérira Reborn controversé mais qui connu un gros succès commercial, les X-Men, X-Force (1 million de copies vendues), The New Mutants, Wolverine... Chez DC Comics il a dessiné Haw & Dove, Teen Titans, Deathstroke...
La planche présentée ici est issue de la série Hawk and Dove sur laquelle Liefeld il avait commencé sa carrière à la fin des années 80. La série s'arrêtera après 8 numéros faute de succès. Elle représente Deadman (où sont passées sa collerette et sa ceinture ?) et Dove.

Alors, on aime ou on aime pas Rob, mais je trouve ce splash plutôt sympa !

samedi 21 mars 2015

Planche originale Uncanny X-Men #505 page 21 (2009) par Terry Dodson et Rachel Dodson



Bombsells mutantes ! par Terry Dodson et Rachel Dodson

Une des premiers mots qui me vient à l'esprit quand je pense au trait de Terry Dodson, c'est "élégance". Un trait fin et délicat. Souple et tout en courbes (On dirait qu'il n'aime pas les angles cet homme-là !) Le second, c'est sexy. Il faut dire que le bougre sait dessiner les femmes. Ces "bombshells" en sont de sacrés preuves (là encore, il y a peu d'angles !)
D'ailleurs, c'est à se demander s'il ne choisit pas les séries sur lesquelles il travaille en fonction de leur potentiel féminin ! La preuve ? Chez DC : Harley Quinn, Wonder Woman, Cat Woman (covers). Chez Marvel : Uncanny X-men, Spider-Man and the Black Cat, Star Wars : Princess Leia ! Ne me dites pas que c'est pur hasard !
Terry travaille en famille puisque c'est son épouse, Rachel, qui encre ses dessins. Pour mieux le surveiller ? Pour l'inspirer ? Pour les sublimer, c'est sûr !
La sensualité, la grâce, mais aussi le classicisme des dessins du couple ne pouvaient que séduire les Français. Dès 2005, Terry signe pour les Humanoïdes Associés "Coraline", premier tome de la série érotique Songes, sur un scénario de Filippi. Plus récemment (2013), il a sorti "Red Skin", dont l'héroïne est une petite sœur de Black Widow, chez Glénat avec Xavier Dorison au scénario.
La page de Uncanny X-Men présentée ici apparaît donc comme une parfaite synthèse de son œuvre, mélange exquis de ses bombshells iconiques et des comics : on y retrouve Storm et Emma Frost sublimes au milieu d'autres femmes tout aussi exquises.
Qui pourrait résister à de telles beautés ? En tout cas, moi je n'ai pas pu !

jeudi 19 février 2015

Cover : Superman "Past and Future" par Carlos Pacheco et Jésus Mérino (2008)



Superman crucifié entre passé et futur par Carlos Pacheco et Jésus Mérino

J'ai découvert Carlos Pacheco en lisant Arrowsmith. Découverte par hasard, cette mini série a été une vraie claque pour moi. Ou plus exactement un gros coup de coeur.  Un dessin classique mais inventif, au service d'une superbe histoire de Fantasy sur fond de première guerre mondiale. C'est intelligent, beau et émouvant.
Carlos Pacheco est un dessinateur et dessinateur espagnol autodidacte. Il s'est inspiré du travail d'artistes tels que Neal Adams, John Buscema, Gil Kane ou George Perez (y'a pire comme influences et ça explique sans doute mon attirance pour son travail).C'est également un homme sympathique et abordable comme j'ai pu m'en rendre compte lors d'une convention à Paris, il y a quelques années.
Avec son compère Jesus Merino à l'encrage, ils ont signé de superbes pages de Avengers For Ever, Superman Camelot Falls,  FF. Il semble pourtant que le bonhomme ne souhaite plus que son travail soit encré. Les planches actuellement disponibles à la vente sont donc de son seul
crayon. Parce que Merino est passé au dessin ? Je l'ignore.
Carlos a commencé à être connu à la fin des années 90 avec Avengers Forever. On le retrouve au début des années 2000 sur des titres comme X-Men, Fantastic Four ou Inhumans comme scénariste. Il passe ensuite chez DC où il illustre donc le sublime Arrowsmith avec Busiek au scénario, puis Superman, The Flash, JSA/JLA, Superman/Batman etc. Il revient chez Marvel où on le voit sur Uncanny X-Men, Ultimate Comics: Avengers. Pacheco est également l'un des artistes qui a travaillé sur la série the Age of Ultron. En collaboration avec le scénariste Rick Remender il a succédé à John Romita Jr sur Captain America. On a aussi pu, plus récemment, le voir sur le numéro 1 de Agents of SHIELD inspiré par la série TV, elle-même inspirée des films Marvel.
La couverture présentée ici est celle de "Superman Past and Future" une compilation d'histoires des années 40 à 80 dessinées par des gens aussi divers que John Sikela, George Papp, Curt Swan, Al Plastino, ou Keith Pollard. Carlos Pacheco en a signé la couverture avec Merino.



Il est amusant de comparer la version originale (N&B puis mise en couleurs) et la version éditée. L'expression du visage de Superman, quasi christique sur la planche originale et sa version colorisée a été remplacée par une expression totalement différente, plus volontaire, décidé. Un visage plus typiquement américain quoi : menton en avant, maxillaires tendus et regard bovin !


Superman le super-héros par excellence peut-il souffrir ? En a t-il le droit ? A cette question l'éditeur DC, a clairement répondu "non" !

jeudi 18 septembre 2014

Planche originale Superman #34 page 10 (1978) par Ross Andru et Dick Giordano


Le mystère Superman #34



Cette planche est une curiosité. D'abord parce qu'il n'existe pas de Superman #34. Enfin si, mais il date de mai 1945 et était alors dessiné par Sam Citron. Ce n'est pas non plus le Superman #34 Vol 2 qui date quant à lui d’août 1989 et qui était dessiné par Kerry Gammill ou le Superman #34 Vol 3 d'août 2014 dessiné par John Romita Jr. Alors serait-ce un épisode de Action Comics ou de The Superman Family ? Que nenni.
Des recherches poussées basées sur le nom du dessinateur crédité au moment de mon acquisition m'ont permis d'avoir l'explication - enfin un début.
Le numéro 34 de Superman a effectivement été dessiné par Ross Andru et il a été encré par Dick Giordano. Je pense qu'on peut être affirmatif puisque c'est Dick Giordano lui-même qui l'affirme dans sa galerie sur Comicartfans.com.
Cela n'explique toutefois pas quel est - où est - ce mystérieux N° 34. Mais là, une recherche Google sur le titre de l'épisode ("City under Seige" - savoureuse coquille !) et sur le nom de l'encreur nous conduit à la solution. Ce n'était pas le N° 34 de Superman mais le N° 34 de Power Records ("The action comes alive as you read !") qui proposait dans un lointain âge de bronze du comics un combiné "book & record set" aux lecteurs enthousiastes. On découvre sur le site l'histoire complète de Superman mise en couleur et donc la fameuse page ! 



On découvre aussi que RP ne se limitait pas aux seuls DC comics (Superman et Batman) mais que Star Trek, Planet of the Apes, Dracula, Space 1999 et même Conan (par John Buscema & Neal Adams !) ont eu aussi droit à leurs aventures audio et qu'ils ont fait les beaux jours de cette curieuse association.
Pour en revenir à Superman #34, l'échange de commentaires sur le site powerrecord.blogspot.com est instructif, puisque leurs auteurs évoquent divers noms au dessin comme à l'encrage. Cela en dit long sur la façon dont travaillaient, à l'époque, les dessinateurs et les encreurs sur un art industriel mineur que l'on nomme aujourd'hui 9ème art.

La planche peut être datée de 1977 / 1978.

samedi 13 septembre 2014

Crayonnés de Conan

Parfois je me demande si ebay n’a pas été (aussi) créé pour mettre en contact les amateurs de planches originales de comics, qui sans ça se trouveraient bien esseulés. Sans ebay, quelles possibilités y aurait-il de faire se rencontrer des passionnés de cet art « mineur » ? (cet article aurait dû être écrit avant la formidable exposition « L’art des super-héros Marvel » qui s’est tenue au musée d’art ludique de Paris) Sans ebay où achèterions-nous nos planches ? Chez de trop rares dealers qui pratiquent des prix prohibitifs et tirent vers le haut le marché ? (j’ai enchéri sur des planches que j’ai vu remettre en vente quelques jours plus tard sur les sites professionnels, au double ou au triple du prix auquel elles étaient parties sur ebay)
Ebay n’est donc pas uniquement un lieu de vente et d’achat. C’est aussi un lieu de rencontre et même d’exposition ! Si, si ! Je connais des amateurs qui mettent en vente des planches et des dessins originaux non pas pour les vendre (d’où certaines mises à prix un peu excessives) mais pour les partager, pour dire leur amour de ces pages produites souvent à un rythme infernal pour être ensuite diffusées dans le monde entier sous l’estampille Marvel ou DC. Non, ne riez pas, je l’ai fait et je ne suis pas le seul. J’ai récemment rencontré un de ces passionnés à l’occasion d’une remise en mains propres de « roughs » de Conan.
Il s’agissait de crayonnés tirés de la mini série « Death covered in gold » par Roy Thomas et John Buscema, parue aux USA en 1999 et en France en 2000 dans les N° 2, 3 et 4 de « Conan le Barbare ».
Nous avons passé un moment formidable à une terrasse de café à nous émerveiller de souvenirs que nous croyions exclusivement personnels mais qui, en réalité, sont partagés par toute une génération. Ce n’est qu’une fois rentré chez moi que j’ai découvert que j’avais les bédés correspondantes dans ma bibliothèque. Avec une joie de gamin (la même qui m’anime à chaque fois), j’ai aussitôt confronté les versions. Le crayonné d’une part et la version imprimée d’autre part. Il me manque, pour être complet, la version encrée par le maestro himself, Big John. Dans le cas présent, je ne suis toutefois pas certain que cette étape intermédiaire dans le processus de publication, soit la plus belle des trois. Je le répète, je ne suis pas fan de l’encrage de John Buscema que je trouve souvent trop « plat » et pas assez nuancé. Sans doute mon goût dans ce domaine a-t-il été influencé par les encrages riches et plein de fioritures d’Alcala, Tony de Zuniga, Rudy Nebres (Et Yong Montano !) qui, à mon sens, bonifie, exalte, le talent de John Buscema (le pauvre doit se retourner dans sa tombe, lui qui détestait cordialement la plupart de ses encreurs, accusés de trahir son travail).
Dans les exemples présentés ci-dessous il m’apparaît clairement que le crayonné est plus riche, plus chargé d’émotion, que le dessin colorisé. Plus de force. Plus de mouvement. Plus de vie. En attendant de pouvoir un jour peut-être comparer les trois étapes - crayonné, dessin encré, dessin colorisé - je vous laisse juger !








samedi 5 octobre 2013

Conan, John Buscema et ses encreurs...

C’est pour moi une source perpétuelle d’émerveillement et parfois de stupéfaction que d’observer, d’une part, comment les divers encreurs de Big John sur Conan ont apporté leur patte à l’œuvre du maître et d’autre part comment ils confèrent aujourd’hui une plus ou moins grande valeur financière aux planches originales sur lesquelles ils ont travaillées.
Ainsi, une planche encrée par Alfredo Alcala ou par Bob Camp ne vaut pas du tout le même prix. Loin s’en faut ! Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que nos amis américains utilisent parfois le terme de "embellisher" à la place de "inker" !
Je l’ai déjà dit, Big John n’aimait pas beaucoup le travail de ses encreurs. Il ne reconnaissait plus son trait. Sur ses vieux jours, il déplorait de n’avoir pas eu davantage de temps pour encrer ses planches. Pourtant… Pourtant à bien y regarder je trouve que les planches qu’il a lui-même encrées sont souvent moins bonnes que celles encrées par Alfredo Alcala, Tony de Zuniga ou Rudy Nebres pour ne citer que ceux parmi les plus célèbres. Célèbres à juste titre d’ailleurs, car dès qu’ils ont été à la plume ou au pinceau ces trois-là ont fait des merveilles. Mon préféré reste Tony de Zuniga dont je trouve le travail délicat d’une qualité irréprochable et constante. J’aime aussi son emploi du zipatone, ces trames imprimées sur des films transparents adhésifs, qui donnent un bel effet de finition aux fonds et aux décors.
Alfredo Alcala, le plus côté des encreurs de Buscema sur le Cimmérien, a réalisé un travail énorme, incomparable sur les aventures telles que ou « The tower of the éléphant » (Savage Sword Of Conan  #24) ou « The slithering shadow » (SSOC #20) ; pourtant je trouve à son Conan un visage trop brutal et simiesque. Logique que John Buscema n’ait pas été satisfait. Par ailleurs, la qualité de son travail est très variable. Il y a un monde entre “The citadel at the center of time » (Savage Sword Of Conan #7) et « The blood of the gods » (SSOC #28).
J’aime aussi beaucoup Rudy Nebres. J’aime son coup de pinceau immédiatement reconnaissable, son style caractéristique et soigné, même si ses visages (du moins lorsqu’ils ne sont pas en gros plan) manquent de précision et mériteraient un coup de plume plus expressif.
Ernie Chan, a fait du bon boulot au début sur la série Conan the Barbarian, mais au fil des années son trait s’est épaissi. Immédiatement reconnaissable, c’est l’encreur que j’apprécie le moins.
De nombreux artistes sont intervenus sur les Breakdowns de Buscema. Certains se sont révélés excellents (Ah ! Yong Montano sur « The abode of the damned » SSOC # 11 ou encore Nestor Redondo ou Ricardo Villamonte) Et puis il y les autres comme Steve Gan, Bob Mac Leod, Armando Gil, ER Cruz, Danny Bulanadi, Bob Camp et tant d’autres.
Même les maîtres se sont cassés les dents à ce travail : Dick Giordano (Conan the Barbarian #48), Joe Sinnott (Conan the Barbarian #46) n’étaient pas de taille. Ces deux-là étaient plus à l’aise sur des super-héros costumés évoluant en milieu urbain que sur des barbares à demi-nus parcourant des contrés exotiques.
S’il est difficile d’établir une côte des planches originales de John Buscema car le prix est sujet à de nombreux facteurs (série, année de parution, présence plus ou moins fréquente de Conan, scène d’action ou non, apparition de personnages secondaires appréciés – Red Sonja, Bélit, Valéria, Thoth Amon, par exemple -,  présence d’une belle donzelle plus ou moins dévêtue, composition de la page, encreur…) voici néanmoins quelques exemples de prix de planches vendues sur Ebay au cours des derniers mois, ainsi que pour mon plaisir personnel une page encrée par Yong Montano.

 
 SSOC #15 encré par Alfredo Alcala : 8601$ (août 2013)

 
 SSOC #26 encré par Tony de Zuniga : 625$ (février 2013) 

 
 SSOC # 98 encré par Rudy Nebres : 425 $ (août 2013)

 
 Conan the Barbarian #86 encré par Ernie Chan : 833 € (juin 2013)

 
 Conan "Death covered in gold" encré par John Buscema : 625 $ (août 2013)

 
SSOC #11 encré par Yong Montano

samedi 13 octobre 2012

Planche originale The Punisher War Zone # 30 page 7 (1994) par John Buscema et Tom Palmer


JOHN BUSCEMA et TOM PALMER


Je ne suis pas un fan de la série The Punisher mais j'adore cette planche. Peut-être parce qu'elle appartient à un run baptisé "Conan with a gun", mais surtout parce qu'elle est signée d'un tandem magique et mythique : John Buscema et Tom Palmer.
Il est bon ici de rappeler que John Buscema n’appréciait que rarement le travail de ses encreurs. Les trois seuls qui trouvaient grâce à ses yeux étaient : son frère Sal, Frank Giacoia et… Tom Palmer !
Buscema mieux que quiconque savait raconter une histoire en images, on le voit sur cette page qui déborde d'énergie. Mise en page, cadrages, anatomies, trognes exacerbées... tout est incroyablement dynamique.
Ce qui me plaît ici c'est que Palmer, souvent cité comme l'un des meilleurs encreurs de l'histoire du comic book, nous livre un travail moins léché que d'habitude, et très fidèle au travail initial de Buscema. L'encrage est nerveux, vigoureux, presque sale, ce qui contribue à l'âpreté et à la violence de la page.
Rugueux sans doute mais néanmoins parfait !

samedi 1 septembre 2012

MARVEL UNIVERSE 1 Page 24 STEVE EPTING (dessin) et AL WILLIAMSON (encrage)


STEVE EPTING et AL WILLIAMSON

Il faut se méfier de Steve Epting ! Cet homme a non seulement tué Captain America, mais il a récidivé en éteignant la flamme de la Torche Humaine. Il a donc réussi là où Red Skull et Doctor Doom, pour ne citer qu'eux, n'ont pas réussi en plusieurs décennies d'aventures épiques !
Rien pourtant ne prédestinait cet homme à une carrière d'assassin de super-héros !
Steve Epting a commencé à travailler en 1989 pour l’éditeur indépendant, First Comics.
Début 1991, First Comics ayant disparu du paysage éditorial, Epting envoie des offres de services à divers éditeurs. Il trouve rapidement du travail chez Marvel Comics. Embauché pour réaliser la moitié des épisodes d’un arc bimensuel en six parties de The Avengers, il dessine finalement cinq des six numéros. Il devient peu après le dessinateur attitré de la série. Avec le scénariste Bob Harras et l'encreur Tom Palmer il réalise un long run (#343 à #375) qui marquera les esprits et divisera les fans (Si les dessins d’Epting furent plutôt bien accueillis, les histoires furent quant à elles jugées trop sombres)

Après avoir quitté Avengers en 1994, Epting passe quelques années à travailler sur les X-men. Il fait ensuite un bref passage sur la série X-Factor, mais se concentre surtout sur des annuals, des épisodes spéciaux, et des mini séries. Un avant-goût de mise au placard...
Vers la fin des années 90, Epting quitte Marvel pour rejoindre DC Comics, pour travailler sur la série Aquaman, aux côtés de Dan Jurgens. La série n'ayant pas eu le succès escompté, il repasse chez Marvel à l’occasion de deux numéros de la série Avengers mais, surtout, travaille pour Crossgen Comics.
2004 voit le grand retour de Steve Epting dans le giron Marvel. Et pas n'importe quel retour puisque c’est sur la série Captain America avec Ed Brubaker qu’il œuvre. Cette série est à la fois un succès critique et commercial. C'est Steve Epting qui a eu l’insigne honneur d’être celui qui tua Steve Rogers, dans Captain America #25. Les deux auteurs réussirent ensuite le pari de faire tenir la série sans son héros originel, dans des aventures où se mélangent super-héros, espionnage et série noire.
Les deux compères se retrouvent en 2009 pour Marvels Project qui plonge le lecteur dans une version remaniée des origines des premiers super-héros. Nous retrouvons ainsi, en pleine seconde guerre mondiale, les personnages qui ont façonné l'Age d'Or du comic : Namor, la Torche Humaine, Nick Fury, Captain America, Bucky et leur ennemi de toujours, Crane Rouge.

Toujours en 2009, Epting rejoint Jonathan Hickman sur Fantastic Four dont le point culminant sera la mort de Johnny Storm, The Human Torch, dans le numéro 587. Il dessinera ensuite les premiers épisodes de la nouvelle team (avec spider-man) rebaptisée FF pour Future Foundation.
La page présentée ici (Marvel Universe #1 story page 24 de 1998) et un beau résumé du talent de Steve Epting. Son sens de la composition et du storytelling, son trait précis et élégant, de facture classique, y font merveille. Elle est encrée par l'immense et mythique Al Williamson mort en 2010, auquel Epting voue une profonde admiration (il n'est pas le seul !).

vendredi 10 août 2012

Planche originale THOR N° 7 page 7 par Marko Djurdjevic et Danny Miki (2008)


MARKO DJURDJEVIC

D’origine Serbe, né en Allemagne le 23 janvier 1979, Marko Djurdjevic s’est d’abord fait connaître sur le net en « redesignant » les personnages de la série X-Men. Il est vite repéré et reçoit un coup de fil de Maison des Idées. Nous sommes alors en 2006. En quelques années il se fait un nom dans l’univers des Comics pour ses couvertures magistrales pour les titres : Thor, X-Men first class, Blade, Thunderbolts, Daredevil, Mystic Arcana, Wolverine Origins, Spider-man, Avengers, Hulk, Magneto, Captain America, Daredevil, Fear Itself et beaucoup d’autres. (On retrouve une partie de ses œuvres dans son premier artbook, The Marvel Art of Marko Djurdjevic.)
Marko Djurdjevic est un personnage entier et atypique, outre une passion revendiquée pour la vodka (cf. son site http://www.sixmorevodka.com/ et son ancien blog) il n’a pas hésité à claquer la porte de Marvel en 2011, à la suite de déclarations fracassantes sur son scénariste J.M. Straczynski.
Il y revient pourtant et, en 2012, c’est lui qui signe la couverture de Astonishing X-Men # 51 qui illustre le premier mariage gay de l’histoire des comics.
Plus rare comme dessinateur, il a débuté sur Thor. Il a ensuite travaillé sur Avengers, Ultimate Hulk, Age of Heroes, What If ? Civil War, Ultimate Captain America…
La planche présentée ici est la page 7 de Thor # 7 (mai 2008). Il s’agit d’une planche d’atmosphère, sombre et mystique entre runes et corbeaux d’Odin (Thor, couché dans un cercueil de pierre, est plongé dans le sommeil d’Odin afin de régénérer son pouvoir), parfaite pour être encadrée. Elle est ancrée par Danny Miki un des meilleurs encreurs du moment qui a travaillé avec David Finch, Joe Quesada, Olivier Coipel, Carlos Pacheco, Adam Kubert, Salvador Larroca ,etc.
La mise en couleur de la planche a été réalisée par Jelena Kevic Djurdjevic l’épouse de Marko. Il est intéressant de noter à quel point les détails d’encrage de Miki sur la dernière case (les deux arbres torturés et les deux corbeaux) disparaissent sur l’œuvre finale.
CQFD : vive le noir et blanc !

vendredi 3 août 2012

Planche originale Savage Sword of Conan N° 87 page 15 (1983) par John Buscema et Ernie Chan

Savage Sword of Conan N° 87 : John Buscema breakdowns & Ernie Chan embellisher

Cette planche plus peut-être que les nombreuses autres œuvres produites par le célèbre tandem John Buscema / Ernie Chan est une co-création.
En effet, cet épisode des aventures de Conan écrit par Michael Fleisher, intitulé « The Armor Of Zulda Thaal » et paru dans Savage Sword of Conan # 87 du mois d’avril 1983 est ainsi créditée dans son sommaire : « John Buscema breakdowns & Ernie Chan embellisher »
Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
Mon ami Google est fort heureusement venu m’éclairer sur ce mystère. Voilà l’explication.
Il n’était pas rare que les artistes de la génération de John Buscema confient leurs ébauches (traduction je le crains imparfaite pour les termes anglais « breakdowns », « loose pencilling approach ». A ne pas confondre avec les « layouts » et autres « Prelims » ou « sketches » généralement réalisés sur des feuilles plus fines et que l’on ne peut parachever et encrer en l’état. Ouf !), les dits artistes confient, donc, leurs ébauches à l’encreur en lui laissant le soin de compléter et de finaliser le dessin. Le dessinateur était alors crédité pour ses « breakdowns » tandis que l'encreur était crédité comme «embellisher» ou «finisher».
Les exigences de rendement n’étaient bien évidemment pas étrangères à cette organisation « scientifique » du travail.
John Buscema a régulièrement eu recours à cette pratique au cours de sa carrière. Sur The Avengers surtout, mais aussi sur Amazing Spider-man  (Il a d’ailleurs lui-même tenu le rôle d’embellisher sur ce titre pour John Romita Sr !) ou encore sur Thor.
Il est probable que cela donna l’occasion à Chan de démontrer qu’il pouvait être autre chose qu’un encreur, qu’il avait appris du maître, et qu’on pouvait lui confier le titre en remplacement de Big John. Son travail fut suffisamment convaincant puisqu’on lui confia la suite des aventures du Cimmérien pendant de nombreuses années.
Sur cette page, le style de Buscema est immédiatement reconnaissable. Le trait de Chan ne s’était pas encore libéré de l’héritage de son mentor, comme ce sera le cas plus tard, et c’est tant mieux !
Comme le dit l’accroche du run Avengers : Under Siege paru en février 2012 et reprenant les comics # 270 à # 277 : « John Buscema's breakdowns were better than most artist's full pencils. Every panel filled with a sense of kinetic energy. »
C’est d’ailleurs tellement vrai que les « layouts » de John Buscema se vendent de plus en plus chers, parfois même plus chers que certaines œuvres encrées.
Comme dit le proverbe : il vaut mieux un bon crayonné qu’un encrage massacré !

Pour en savoir plus sur les subtiles différences entre crayonné, esquisse, ébauche etc :

S'agit-il d'un avant-projet donnant une idée de la réalisation envisagée ? CRAYONNÉ
S'agit-il d'un dessin fait rapidement afin de se donner une idée ? CROQUIS
S'agit-il d'un dessin qui servira de guide ? ESQUISSE
S'agit-il de l'état premier d'un dessin, avant toute retouche ? PREMIER JET
S'agit-il de l'état premier d'un dessin, pouvant avoir été quelque peu retouché ? ÉBAUCHE
S'agit-il de l'état premier d'une planche ? BROUILLON




samedi 9 juin 2012

Planche originale MARVEL FANFARE N° 56 page 7 par Don Heck (1982)



Don HECK

Don Heck est l’un des grands noms de l’âge d’argent du comics. Il est né en 1929 et est mort en 1995.
Dessinateur prolifique (Spider-man, Ka-zar, Iron Man Avengers, X-men, Submariner, Dracula, Ghost Rider, Daredevil, Captain America, Captain Marvel…) il est plus connu pour son travail sur Iron Man dont il est le co-créateur et sur Les Vengeurs dont il sera longtemps le dessinateur attitré.
Il est aussi le créateur de Oeil de Faucon, de la Veuve Noire, de Wonder Man et du Mandarin.
Plus tard, il dessinera Justice League of America, Wonder Woman et Flash pour DC Comics.

Superbe florilège de héros et vilains, on peut voir sur cette planche Docteur Strange contre Dormammu, Iron-Man contre la Dynamo Pourpre, Spider-Man contre le Super-Bouffon et Wolverine contre Hulk.
Huit personnages emblématiques sur une seule page dessinée et encrée par Don Heck !
Qui dit mieux ?

dimanche 11 mars 2012

Planches originales Captain America & Doctor Strange pages 4 et 5 par Wellinton Alves


Page 4


Page 5

Wellinton ALVES

Outre Robert E Howard’s Savage sword chez Dark Horse Wellinton Alves a travaillé pour Marvel sur divers titres : Nova, Marvel Adventures, Marvel Heroes, Daredevil, Marvel Zombies return, Power man et Iron fist, Inhumans, Dark Reign.
Deux autres exemples de son travail sur Captain America & Doctor Strange effectués au crayon sur Blue Line au format A4

Planches originales Robert E Howard’s Savage Sword N° 2 pages 4 et 5 par Wellinton Alves


Page 4


Page 5

samedi 10 mars 2012

Wellinton ALVES

Robert E Howard’s Savage sword paru chez Dark Hors comics, c’est l’occasion de redécouvrir tous les principaux héros de Robert E Howard réadapté ou réédité. Conan bien sûr, mais aussi Kull, Steve Costingan, El Borak Agnes la Noire, Niord, Bran Mac Morn. On y retrouve de grands noms (Gil Kane, Barry W Smith, Tim Conrad…) aux côtés de petits nouveaux tels que Wellinton Alves, dessinateur brésilien, dont vous trouverez ci-dessus deux planches à l’encre de chine sur papier Dark Horse

vendredi 16 décembre 2011

Planche originale THOR vol 2 issue 18 page 11 par John Romita Jr et Dick Giordano (1999)

JOHN ROMITA JR

Fils de l'immense John Romita Sr, John Romita Jr (donc) a mis de nombreuses années pour accéder à la notoriété et effacer l'ombre paternelle.
Le temps sans doute qu'il se découvre un style propre (il faut reconnaître que ses premières planches étaient pour le moins insipides et peu inspirées).
Il bénéficie aujourd'hui d'un style reconnaissable entre tous - et parfois décrié, il faut bien le reconnaître -, ce qui est je crois la patte des maîtres.
Artiste très prolifique (mais fidèle) il a travaillé depuis ses débuts chez Marvel en 1976, sur des dizaines de projets et séries parmi lesquels on peut en vrac citer Iron man, Avengers, Spiderman, Hulk, Thor, X-Men, Daredevil, Wolverine...
Il a réalisé aussi un grand nombre de couvertures.
Sa renommé a grandi encore d'un cran lorsqu'un de ses héros "Kick-Ass" a été porté à l'écran avec le succès que l'on sait.
Son travail sur Thor dont voici un bel exemple a été particulièrement apprécié.
Je vous présente ici la page 11 du numéro 18 de Thor Vol 2 (1999). Elle représente Thor en compagnie de la Sorcière Ecarlate (Scarlet Witch).
Première caractéristique intéressante : la planche est encrée par une légende du comic book américain : Dick Giordano qui a surtout officié chez DC dont il a également été le rédacteur en chef (Il a travaillé notamment avec Neal Adams ou Jim Aparo). Il est mort le 27 mars 2010.
Deuxième caractéristique rare : la planche est accompagnée d'une photocopie de la planche avant encrage. On a ainsi un exemple très instructif de l'art de JrJ avant finition par l'encreur. Cette copie porte le cachet "JOHN ROMITA JR"
La planche proprement dite est bien sûr un original. Elle est frappée au dos du cachet Marvel et porte les annotations du scénariste (Dan Jurgens) au crayon papier.

vendredi 7 octobre 2011

Planche originale SAVAGE SWORD OF CONAN # 85 pg 35 par Gil Kane

GIL KANE

Gil Kane est un grand, on le sait (voir article précédent). Il a presque tout dessiné, on le sait. C’était un maniaque de l’anatomie (ce qui m’a parfois dérangé quand j’étais gamin).
Pour l’amateur de planche originale Gil Kane est parfois un cauchemar car à partir des années 80, il généralise l’emploi du feutre pour l'encrage de ses dessins et le feutre au bout de quelques années, exposé à la lumière, ça vieillit mal !
Il s’est parfois associé à des géants (Neal Adams, Wally Wood). Ici c’est avec Dan Bulanadi un honnête tâcheron qui a travaillé sur presque tous les titres Marvel, qu’il signe cette superbe planche.
L’atout de Bulanadi : son encrage discret qui préserve le dessin de Kane.
Ici une planche de Conan le barbare, du Savage Sword of Conan N° 85 page 35 de 1983 (datée au dos avec le cachet Marvel de 1982). On y voit le Cimmérien dans toutes les cases de bataille et un beau "portrait".

samedi 3 septembre 2011

Planche originale UNCANNY X-MEN 363 page 12 par Chris Bachalo et Tim Townsend (1999)


Chris BACHALO

Chris Bachalo est un dessinateur canadien né en 1965.
Plébiscité par la critique et par les fans, on a pu le voir sur des titres comme “Sandman,” “Death, The High Cost of Living” “Batman” “Incredible Hulk,” “Uncanny X-Men,” “New X-Men,” “Captain America”, “Ghost Rider”, “Generation X,” et plus récemment sur “Dark reign : the sinister spider-man” ou “Dark avengers” .
Il a également collaboré à la série TV « Heroes »
Son trait fouillé, précis et incroyablement détaillé, son style atypique, rugueux qui emprunte parfois au Manga et au Cartoon, est immédiatement reconnaissable et bouscule les conventions du comic book.
Un des grands auteurs d’aujourd’hui dont la page 12 du numéro 363 (janvier 1999) de Uncanny X-men est présentée ici pour l’arc “The hunt for Xavier” (part 3)
A l’encrage un des meilleurs encreur actuel : Tim Townsend, inséparable de Bachalo mais qui a aussi travaillé avec John Romita Jr ou Olivier Coipel.

Nota : cette aventure a été publiée en France dans la collection Succès du livre sous le titre « Les enfants de l’atome. » (2004)

vendredi 8 juillet 2011

Planche originale NEW AVENGERS #12 page 17 par David Finch et Danny Miki (2005)

DAVID FINCH

Tout simplement l’un des meilleurs dessinateurs du moment qui après s’être illustré chez Top Cow et Marvel est actuellement sous contrat exclusif avec DC.
Il a travaillé sur Daredevil, Wolverine, Avengers, X-Men, Spider-Man, New Avengers, Moon Knight… et chez DC sur Batman, Superman bien sûr
Son trait clair et empreint de classicisme, son style hyper-réaliste et énergique, sont immédiatement reconnaissables. Ses couvertures comme ses planches bénéficient d’une grande force d’impact.
La page présentée ici est la N° 17 du numéro 12 de New Avengers. Elles est encrée par Danny Miki. On y voit Ronin, Captain America, Iron man, Spider-man et Luke Cage
Un auteur dont les planches sont très rares sur le marché.

“Dave Finch is one of the most dynamic illustrators working in commercial art today. His amazing layouts, his unique character designs and his extraordinary flair to create exciting images are nothing but top flight. And it's fun... something that's incredibly difficult to pull off and he does so consistently.” --Joseph Loeb - Eisner Award winning writer,