vendredi 10 août 2012

Planche originale THOR N° 7 page 7 par Marko Djurdjevic et Danny Miki (2008)


MARKO DJURDJEVIC

D’origine Serbe, né en Allemagne le 23 janvier 1979, Marko Djurdjevic s’est d’abord fait connaître sur le net en « redesignant » les personnages de la série X-Men. Il est vite repéré et reçoit un coup de fil de Maison des Idées. Nous sommes alors en 2006. En quelques années il se fait un nom dans l’univers des Comics pour ses couvertures magistrales pour les titres : Thor, X-Men first class, Blade, Thunderbolts, Daredevil, Mystic Arcana, Wolverine Origins, Spider-man, Avengers, Hulk, Magneto, Captain America, Daredevil, Fear Itself et beaucoup d’autres. (On retrouve une partie de ses œuvres dans son premier artbook, The Marvel Art of Marko Djurdjevic.)
Marko Djurdjevic est un personnage entier et atypique, outre une passion revendiquée pour la vodka (cf. son site http://www.sixmorevodka.com/ et son ancien blog) il n’a pas hésité à claquer la porte de Marvel en 2011, à la suite de déclarations fracassantes sur son scénariste J.M. Straczynski.
Il y revient pourtant et, en 2012, c’est lui qui signe la couverture de Astonishing X-Men # 51 qui illustre le premier mariage gay de l’histoire des comics.
Plus rare comme dessinateur, il a débuté sur Thor. Il a ensuite travaillé sur Avengers, Ultimate Hulk, Age of Heroes, What If ? Civil War, Ultimate Captain America…
La planche présentée ici est la page 7 de Thor # 7 (mai 2008). Il s’agit d’une planche d’atmosphère, sombre et mystique entre runes et corbeaux d’Odin (Thor, couché dans un cercueil de pierre, est plongé dans le sommeil d’Odin afin de régénérer son pouvoir), parfaite pour être encadrée. Elle est ancrée par Danny Miki un des meilleurs encreurs du moment qui a travaillé avec David Finch, Joe Quesada, Olivier Coipel, Carlos Pacheco, Adam Kubert, Salvador Larroca ,etc.
La mise en couleur de la planche a été réalisée par Jelena Kevic Djurdjevic l’épouse de Marko. Il est intéressant de noter à quel point les détails d’encrage de Miki sur la dernière case (les deux arbres torturés et les deux corbeaux) disparaissent sur l’œuvre finale.
CQFD : vive le noir et blanc !

vendredi 3 août 2012

Planche originale Savage Sword of Conan N° 87 page 15 (1983) par John Buscema et Ernie Chan

Savage Sword of Conan N° 87 : John Buscema breakdowns & Ernie Chan embellisher

Cette planche plus peut-être que les nombreuses autres œuvres produites par le célèbre tandem John Buscema / Ernie Chan est une co-création.
En effet, cet épisode des aventures de Conan écrit par Michael Fleisher, intitulé « The Armor Of Zulda Thaal » et paru dans Savage Sword of Conan # 87 du mois d’avril 1983 est ainsi créditée dans son sommaire : « John Buscema breakdowns & Ernie Chan embellisher »
Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
Mon ami Google est fort heureusement venu m’éclairer sur ce mystère. Voilà l’explication.
Il n’était pas rare que les artistes de la génération de John Buscema confient leurs ébauches (traduction je le crains imparfaite pour les termes anglais « breakdowns », « loose pencilling approach ». A ne pas confondre avec les « layouts » et autres « Prelims » ou « sketches » généralement réalisés sur des feuilles plus fines et que l’on ne peut parachever et encrer en l’état. Ouf !), les dits artistes confient, donc, leurs ébauches à l’encreur en lui laissant le soin de compléter et de finaliser le dessin. Le dessinateur était alors crédité pour ses « breakdowns » tandis que l'encreur était crédité comme «embellisher» ou «finisher».
Les exigences de rendement n’étaient bien évidemment pas étrangères à cette organisation « scientifique » du travail.
John Buscema a régulièrement eu recours à cette pratique au cours de sa carrière. Sur The Avengers surtout, mais aussi sur Amazing Spider-man  (Il a d’ailleurs lui-même tenu le rôle d’embellisher sur ce titre pour John Romita Sr !) ou encore sur Thor.
Il est probable que cela donna l’occasion à Chan de démontrer qu’il pouvait être autre chose qu’un encreur, qu’il avait appris du maître, et qu’on pouvait lui confier le titre en remplacement de Big John. Son travail fut suffisamment convaincant puisqu’on lui confia la suite des aventures du Cimmérien pendant de nombreuses années.
Sur cette page, le style de Buscema est immédiatement reconnaissable. Le trait de Chan ne s’était pas encore libéré de l’héritage de son mentor, comme ce sera le cas plus tard, et c’est tant mieux !
Comme le dit l’accroche du run Avengers : Under Siege paru en février 2012 et reprenant les comics # 270 à # 277 : « John Buscema's breakdowns were better than most artist's full pencils. Every panel filled with a sense of kinetic energy. »
C’est d’ailleurs tellement vrai que les « layouts » de John Buscema se vendent de plus en plus chers, parfois même plus chers que certaines œuvres encrées.
Comme dit le proverbe : il vaut mieux un bon crayonné qu’un encrage massacré !

Pour en savoir plus sur les subtiles différences entre crayonné, esquisse, ébauche etc :

S'agit-il d'un avant-projet donnant une idée de la réalisation envisagée ? CRAYONNÉ
S'agit-il d'un dessin fait rapidement afin de se donner une idée ? CROQUIS
S'agit-il d'un dessin qui servira de guide ? ESQUISSE
S'agit-il de l'état premier d'un dessin, avant toute retouche ? PREMIER JET
S'agit-il de l'état premier d'un dessin, pouvant avoir été quelque peu retouché ? ÉBAUCHE
S'agit-il de l'état premier d'une planche ? BROUILLON