jeudi 18 septembre 2014
Le mystère Superman #34
Cette planche est une curiosité. D'abord parce qu'il
n'existe pas de Superman #34. Enfin si, mais il date de mai 1945 et était alors
dessiné par Sam Citron. Ce n'est pas non plus le Superman #34 Vol 2 qui date quant
à lui d’août 1989 et qui était dessiné par Kerry Gammill ou le Superman #34 Vol
3 d'août 2014 dessiné par John Romita Jr. Alors serait-ce un épisode de Action
Comics ou de The Superman Family ? Que nenni.
Des recherches poussées basées sur le nom du dessinateur crédité
au moment de mon acquisition m'ont permis d'avoir l'explication - enfin un
début.
Le numéro 34 de Superman a effectivement été dessiné par Ross
Andru et il a été encré par Dick Giordano. Je pense qu'on peut être affirmatif
puisque c'est Dick Giordano lui-même qui l'affirme dans sa galerie sur
Comicartfans.com.
Cela n'explique toutefois pas quel est - où est - ce
mystérieux N° 34. Mais là, une recherche Google sur le titre de
l'épisode ("City under Seige" - savoureuse coquille !) et sur le nom
de l'encreur nous conduit à la solution. Ce n'était pas le N° 34 de Superman
mais le N° 34 de Power Records ("The action comes alive as you read !") qui proposait dans un lointain âge de bronze du
comics un combiné "book & record set" aux lecteurs enthousiastes.
On découvre sur le site l'histoire complète de Superman mise en couleur et donc la fameuse page !
On
découvre aussi que RP ne se limitait pas aux seuls DC comics (Superman et
Batman) mais que Star Trek, Planet of the Apes, Dracula, Space 1999 et même
Conan (par John Buscema & Neal Adams !) ont eu aussi droit à leurs aventures
audio et qu'ils ont fait les beaux jours de cette curieuse association.
Pour en revenir à Superman #34, l'échange de commentaires sur le site powerrecord.blogspot.com est instructif, puisque leurs auteurs évoquent divers noms au dessin comme à l'encrage.
Cela en dit long sur la façon dont travaillaient, à l'époque, les dessinateurs et les
encreurs sur un art industriel mineur que l'on nomme aujourd'hui
9ème art.
La planche peut être datée de 1977 / 1978.
samedi 13 septembre 2014
Crayonnés de Conan
Parfois je me demande si ebay n’a pas été (aussi) créé pour
mettre en contact les amateurs de planches originales de comics, qui sans ça se
trouveraient bien esseulés. Sans ebay, quelles possibilités y aurait-il de
faire se rencontrer des passionnés de cet art « mineur » ? (cet
article aurait dû être écrit avant la formidable exposition « L’art des
super-héros Marvel » qui s’est tenue au musée d’art ludique de Paris) Sans
ebay où achèterions-nous nos planches ? Chez de trop rares dealers
qui pratiquent des prix prohibitifs et tirent vers le haut le marché ?
(j’ai enchéri sur des planches que j’ai vu remettre en vente quelques jours
plus tard sur les sites professionnels, au double ou au triple du prix auquel
elles étaient parties sur ebay)
Ebay n’est donc pas uniquement un lieu de vente et d’achat.
C’est aussi un lieu de rencontre et même d’exposition ! Si, si ! Je
connais des amateurs qui mettent en vente des planches et des dessins originaux
non pas pour les vendre (d’où certaines mises à prix un peu excessives) mais
pour les partager, pour dire leur amour de ces pages produites souvent à un
rythme infernal pour être ensuite diffusées dans le monde entier sous
l’estampille Marvel ou DC. Non, ne riez pas, je l’ai fait et je ne suis pas le
seul. J’ai récemment rencontré un de ces passionnés à l’occasion d’une remise
en mains propres de « roughs » de Conan.
Il s’agissait de crayonnés tirés de la mini série
« Death covered in gold » par Roy Thomas et John Buscema, parue aux
USA en 1999 et en France en 2000 dans les N° 2, 3 et 4 de « Conan le
Barbare ».
Nous avons passé un moment formidable à une terrasse de café
à nous émerveiller de souvenirs que nous croyions exclusivement personnels mais
qui, en réalité, sont partagés par toute une génération. Ce n’est qu’une fois
rentré chez moi que j’ai découvert que j’avais les bédés correspondantes dans
ma bibliothèque. Avec une joie de gamin (la même qui m’anime à chaque fois),
j’ai aussitôt confronté les versions. Le crayonné d’une part et la version
imprimée d’autre part. Il me manque, pour être complet, la version encrée par
le maestro himself, Big John. Dans le cas présent, je ne suis toutefois pas
certain que cette étape intermédiaire dans le processus de publication, soit la
plus belle des trois. Je le répète, je ne suis pas fan de l’encrage
de John Buscema que je trouve souvent trop « plat » et pas assez
nuancé. Sans doute mon goût dans ce domaine a-t-il été influencé par les
encrages riches et plein de fioritures d’Alcala, Tony de Zuniga, Rudy Nebres
(Et Yong Montano !) qui, à mon sens, bonifie, exalte, le talent de John Buscema
(le pauvre doit se retourner dans sa tombe, lui qui détestait cordialement la
plupart de ses encreurs, accusés de trahir son travail).
Dans les exemples présentés ci-dessous il m’apparaît
clairement que le crayonné est plus riche, plus chargé d’émotion, que le dessin
colorisé. Plus de force. Plus de mouvement. Plus de vie. En attendant de
pouvoir un jour peut-être comparer les trois étapes - crayonné, dessin encré,
dessin colorisé - je vous laisse juger !
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