jeudi 18 septembre 2014
Le mystère Superman #34
Cette planche est une curiosité. D'abord parce qu'il
n'existe pas de Superman #34. Enfin si, mais il date de mai 1945 et était alors
dessiné par Sam Citron. Ce n'est pas non plus le Superman #34 Vol 2 qui date quant
à lui d’août 1989 et qui était dessiné par Kerry Gammill ou le Superman #34 Vol
3 d'août 2014 dessiné par John Romita Jr. Alors serait-ce un épisode de Action
Comics ou de The Superman Family ? Que nenni.
Des recherches poussées basées sur le nom du dessinateur crédité
au moment de mon acquisition m'ont permis d'avoir l'explication - enfin un
début.
Le numéro 34 de Superman a effectivement été dessiné par Ross
Andru et il a été encré par Dick Giordano. Je pense qu'on peut être affirmatif
puisque c'est Dick Giordano lui-même qui l'affirme dans sa galerie sur
Comicartfans.com.
Cela n'explique toutefois pas quel est - où est - ce
mystérieux N° 34. Mais là, une recherche Google sur le titre de
l'épisode ("City under Seige" - savoureuse coquille !) et sur le nom
de l'encreur nous conduit à la solution. Ce n'était pas le N° 34 de Superman
mais le N° 34 de Power Records ("The action comes alive as you read !") qui proposait dans un lointain âge de bronze du
comics un combiné "book & record set" aux lecteurs enthousiastes.
On découvre sur le site l'histoire complète de Superman mise en couleur et donc la fameuse page !
On
découvre aussi que RP ne se limitait pas aux seuls DC comics (Superman et
Batman) mais que Star Trek, Planet of the Apes, Dracula, Space 1999 et même
Conan (par John Buscema & Neal Adams !) ont eu aussi droit à leurs aventures
audio et qu'ils ont fait les beaux jours de cette curieuse association.
Pour en revenir à Superman #34, l'échange de commentaires sur le site powerrecord.blogspot.com est instructif, puisque leurs auteurs évoquent divers noms au dessin comme à l'encrage.
Cela en dit long sur la façon dont travaillaient, à l'époque, les dessinateurs et les
encreurs sur un art industriel mineur que l'on nomme aujourd'hui
9ème art.
La planche peut être datée de 1977 / 1978.
samedi 13 septembre 2014
Crayonnés de Conan
Parfois je me demande si ebay n’a pas été (aussi) créé pour
mettre en contact les amateurs de planches originales de comics, qui sans ça se
trouveraient bien esseulés. Sans ebay, quelles possibilités y aurait-il de
faire se rencontrer des passionnés de cet art « mineur » ? (cet
article aurait dû être écrit avant la formidable exposition « L’art des
super-héros Marvel » qui s’est tenue au musée d’art ludique de Paris) Sans
ebay où achèterions-nous nos planches ? Chez de trop rares dealers
qui pratiquent des prix prohibitifs et tirent vers le haut le marché ?
(j’ai enchéri sur des planches que j’ai vu remettre en vente quelques jours
plus tard sur les sites professionnels, au double ou au triple du prix auquel
elles étaient parties sur ebay)
Ebay n’est donc pas uniquement un lieu de vente et d’achat.
C’est aussi un lieu de rencontre et même d’exposition ! Si, si ! Je
connais des amateurs qui mettent en vente des planches et des dessins originaux
non pas pour les vendre (d’où certaines mises à prix un peu excessives) mais
pour les partager, pour dire leur amour de ces pages produites souvent à un
rythme infernal pour être ensuite diffusées dans le monde entier sous
l’estampille Marvel ou DC. Non, ne riez pas, je l’ai fait et je ne suis pas le
seul. J’ai récemment rencontré un de ces passionnés à l’occasion d’une remise
en mains propres de « roughs » de Conan.
Il s’agissait de crayonnés tirés de la mini série
« Death covered in gold » par Roy Thomas et John Buscema, parue aux
USA en 1999 et en France en 2000 dans les N° 2, 3 et 4 de « Conan le
Barbare ».
Nous avons passé un moment formidable à une terrasse de café
à nous émerveiller de souvenirs que nous croyions exclusivement personnels mais
qui, en réalité, sont partagés par toute une génération. Ce n’est qu’une fois
rentré chez moi que j’ai découvert que j’avais les bédés correspondantes dans
ma bibliothèque. Avec une joie de gamin (la même qui m’anime à chaque fois),
j’ai aussitôt confronté les versions. Le crayonné d’une part et la version
imprimée d’autre part. Il me manque, pour être complet, la version encrée par
le maestro himself, Big John. Dans le cas présent, je ne suis toutefois pas
certain que cette étape intermédiaire dans le processus de publication, soit la
plus belle des trois. Je le répète, je ne suis pas fan de l’encrage
de John Buscema que je trouve souvent trop « plat » et pas assez
nuancé. Sans doute mon goût dans ce domaine a-t-il été influencé par les
encrages riches et plein de fioritures d’Alcala, Tony de Zuniga, Rudy Nebres
(Et Yong Montano !) qui, à mon sens, bonifie, exalte, le talent de John Buscema
(le pauvre doit se retourner dans sa tombe, lui qui détestait cordialement la
plupart de ses encreurs, accusés de trahir son travail).
Dans les exemples présentés ci-dessous il m’apparaît
clairement que le crayonné est plus riche, plus chargé d’émotion, que le dessin
colorisé. Plus de force. Plus de mouvement. Plus de vie. En attendant de
pouvoir un jour peut-être comparer les trois étapes - crayonné, dessin encré,
dessin colorisé - je vous laisse juger !
samedi 5 octobre 2013
Conan, John Buscema et ses encreurs...
C’est pour moi une source perpétuelle d’émerveillement et
parfois de stupéfaction que d’observer, d’une part, comment les divers encreurs
de Big John sur Conan ont apporté leur patte à l’œuvre du maître et d’autre
part comment ils confèrent aujourd’hui une plus ou moins grande valeur
financière aux planches originales sur lesquelles ils ont travaillées.
Ainsi, une planche encrée par Alfredo Alcala ou par Bob Camp ne vaut pas du tout le même prix. Loin s’en faut ! Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que nos amis américains utilisent parfois le terme de "embellisher" à la place de "inker" !
Je l’ai déjà dit, Big John n’aimait pas beaucoup le travail de ses encreurs. Il ne reconnaissait plus son trait. Sur ses vieux jours, il déplorait de n’avoir pas eu davantage de temps pour encrer ses planches. Pourtant… Pourtant à bien y regarder je trouve que les planches qu’il a lui-même encrées sont souvent moins bonnes que celles encrées par Alfredo Alcala, Tony de Zuniga ou Rudy Nebres pour ne citer que ceux parmi les plus célèbres. Célèbres à juste titre d’ailleurs, car dès qu’ils ont été à la plume ou au pinceau ces trois-là ont fait des merveilles. Mon préféré reste Tony de Zuniga dont je trouve le travail délicat d’une qualité irréprochable et constante. J’aime aussi son emploi du zipatone, ces trames imprimées sur des films transparents adhésifs, qui donnent un bel effet de finition aux fonds et aux décors.
Alfredo Alcala, le plus côté des encreurs de Buscema sur le Cimmérien, a réalisé un travail énorme, incomparable sur les aventures telles que ou « The tower of the éléphant » (Savage Sword Of Conan #24) ou « The slithering shadow » (SSOC #20) ; pourtant je trouve à son Conan un visage trop brutal et simiesque. Logique que John Buscema n’ait pas été satisfait. Par ailleurs, la qualité de son travail est très variable. Il y a un monde entre “The citadel at the center of time » (Savage Sword Of Conan #7) et « The blood of the gods » (SSOC #28).
J’aime aussi beaucoup Rudy Nebres. J’aime son coup de pinceau immédiatement reconnaissable, son style caractéristique et soigné, même si ses visages (du moins lorsqu’ils ne sont pas en gros plan) manquent de précision et mériteraient un coup de plume plus expressif.
Ernie Chan, a fait du bon boulot au début sur la série Conan the Barbarian, mais au fil des années son trait s’est épaissi. Immédiatement reconnaissable, c’est l’encreur que j’apprécie le moins.
De nombreux artistes sont intervenus sur les Breakdowns de Buscema. Certains se sont révélés excellents (Ah ! Yong Montano sur « The abode of the damned » SSOC # 11 ou encore Nestor Redondo ou Ricardo Villamonte) Et puis il y les autres comme Steve Gan, Bob Mac Leod, Armando Gil, ER Cruz, Danny Bulanadi, Bob Camp et tant d’autres.
Même les maîtres se sont cassés les dents à ce travail : Dick Giordano (Conan the Barbarian #48), Joe Sinnott (Conan the Barbarian #46) n’étaient pas de taille. Ces deux-là étaient plus à l’aise sur des super-héros costumés évoluant en milieu urbain que sur des barbares à demi-nus parcourant des contrés exotiques.
S’il est difficile d’établir une côte des planches originales de John Buscema car le prix est sujet à de nombreux facteurs (série, année de parution, présence plus ou moins fréquente de Conan, scène d’action ou non, apparition de personnages secondaires appréciés – Red Sonja, Bélit, Valéria, Thoth Amon, par exemple -, présence d’une belle donzelle plus ou moins dévêtue, composition de la page, encreur…) voici néanmoins quelques exemples de prix de planches vendues sur Ebay au cours des derniers mois, ainsi que pour mon plaisir personnel une page encrée par Yong Montano.
Ainsi, une planche encrée par Alfredo Alcala ou par Bob Camp ne vaut pas du tout le même prix. Loin s’en faut ! Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que nos amis américains utilisent parfois le terme de "embellisher" à la place de "inker" !
Je l’ai déjà dit, Big John n’aimait pas beaucoup le travail de ses encreurs. Il ne reconnaissait plus son trait. Sur ses vieux jours, il déplorait de n’avoir pas eu davantage de temps pour encrer ses planches. Pourtant… Pourtant à bien y regarder je trouve que les planches qu’il a lui-même encrées sont souvent moins bonnes que celles encrées par Alfredo Alcala, Tony de Zuniga ou Rudy Nebres pour ne citer que ceux parmi les plus célèbres. Célèbres à juste titre d’ailleurs, car dès qu’ils ont été à la plume ou au pinceau ces trois-là ont fait des merveilles. Mon préféré reste Tony de Zuniga dont je trouve le travail délicat d’une qualité irréprochable et constante. J’aime aussi son emploi du zipatone, ces trames imprimées sur des films transparents adhésifs, qui donnent un bel effet de finition aux fonds et aux décors.
Alfredo Alcala, le plus côté des encreurs de Buscema sur le Cimmérien, a réalisé un travail énorme, incomparable sur les aventures telles que ou « The tower of the éléphant » (Savage Sword Of Conan #24) ou « The slithering shadow » (SSOC #20) ; pourtant je trouve à son Conan un visage trop brutal et simiesque. Logique que John Buscema n’ait pas été satisfait. Par ailleurs, la qualité de son travail est très variable. Il y a un monde entre “The citadel at the center of time » (Savage Sword Of Conan #7) et « The blood of the gods » (SSOC #28).
J’aime aussi beaucoup Rudy Nebres. J’aime son coup de pinceau immédiatement reconnaissable, son style caractéristique et soigné, même si ses visages (du moins lorsqu’ils ne sont pas en gros plan) manquent de précision et mériteraient un coup de plume plus expressif.
Ernie Chan, a fait du bon boulot au début sur la série Conan the Barbarian, mais au fil des années son trait s’est épaissi. Immédiatement reconnaissable, c’est l’encreur que j’apprécie le moins.
De nombreux artistes sont intervenus sur les Breakdowns de Buscema. Certains se sont révélés excellents (Ah ! Yong Montano sur « The abode of the damned » SSOC # 11 ou encore Nestor Redondo ou Ricardo Villamonte) Et puis il y les autres comme Steve Gan, Bob Mac Leod, Armando Gil, ER Cruz, Danny Bulanadi, Bob Camp et tant d’autres.
Même les maîtres se sont cassés les dents à ce travail : Dick Giordano (Conan the Barbarian #48), Joe Sinnott (Conan the Barbarian #46) n’étaient pas de taille. Ces deux-là étaient plus à l’aise sur des super-héros costumés évoluant en milieu urbain que sur des barbares à demi-nus parcourant des contrés exotiques.
S’il est difficile d’établir une côte des planches originales de John Buscema car le prix est sujet à de nombreux facteurs (série, année de parution, présence plus ou moins fréquente de Conan, scène d’action ou non, apparition de personnages secondaires appréciés – Red Sonja, Bélit, Valéria, Thoth Amon, par exemple -, présence d’une belle donzelle plus ou moins dévêtue, composition de la page, encreur…) voici néanmoins quelques exemples de prix de planches vendues sur Ebay au cours des derniers mois, ainsi que pour mon plaisir personnel une page encrée par Yong Montano.
SSOC #15 encré par Alfredo Alcala : 8601$ (août 2013)
SSOC #26 encré par Tony de Zuniga : 625$ (février 2013)
SSOC # 98 encré par Rudy Nebres : 425 $ (août 2013)
Conan the Barbarian #86 encré par Ernie Chan : 833 € (juin 2013)
Conan "Death covered in gold" encré par John Buscema : 625 $ (août 2013)
SSOC #11 encré par Yong Montano
samedi 13 octobre 2012
JOHN BUSCEMA et TOM PALMER
Je ne suis pas un fan de la
série The Punisher mais j'adore cette planche. Peut-être parce qu'elle appartient
à un run baptisé "Conan with a gun", mais surtout parce qu'elle est
signée d'un tandem magique et mythique : John Buscema et Tom Palmer.
Il est bon ici de rappeler
que John Buscema n’appréciait que rarement le travail de ses
encreurs. Les trois seuls qui trouvaient grâce à ses yeux étaient : son
frère Sal, Frank Giacoia et… Tom Palmer ! Buscema mieux que quiconque savait raconter une histoire en images, on le voit sur cette page qui déborde d'énergie. Mise en page, cadrages, anatomies, trognes exacerbées... tout est incroyablement dynamique.
Ce qui me plaît ici c'est que Palmer, souvent cité comme l'un des meilleurs encreurs de l'histoire du comic book, nous livre un travail moins léché que d'habitude, et très fidèle au travail initial de Buscema. L'encrage est nerveux, vigoureux, presque sale, ce qui contribue à l'âpreté et à la violence de la page.
Rugueux sans doute mais néanmoins parfait !
samedi 1 septembre 2012
STEVE EPTING et AL WILLIAMSON
Il faut se méfier de Steve Epting ! Cet homme a non seulement tué Captain America, mais il a récidivé en éteignant la flamme de la Torche Humaine. Il a donc réussi là où Red Skull et Doctor Doom, pour ne citer qu'eux, n'ont pas réussi en plusieurs décennies d'aventures épiques !
Rien pourtant ne prédestinait cet homme à une carrière d'assassin de super-héros !
Steve Epting a commencé à travailler en 1989 pour l’éditeur indépendant, First Comics.
Début 1991, First Comics ayant disparu du paysage éditorial, Epting envoie des offres de services à divers éditeurs. Il trouve rapidement du travail chez Marvel Comics. Embauché pour réaliser la moitié des épisodes d’un arc bimensuel en six parties de The Avengers, il dessine finalement cinq des six numéros. Il devient peu après le dessinateur attitré de la série. Avec le scénariste Bob Harras et l'encreur Tom Palmer il réalise un long run (#343 à #375) qui marquera les esprits et divisera les fans (Si les dessins d’Epting furent plutôt bien accueillis, les histoires furent quant à elles jugées trop sombres)
Après avoir quitté Avengers en 1994, Epting passe quelques années à travailler sur les X-men. Il fait ensuite un bref passage sur la série X-Factor, mais se concentre surtout sur des annuals, des épisodes spéciaux, et des mini séries. Un avant-goût de mise au placard...
Vers la fin des années 90, Epting quitte Marvel pour rejoindre DC Comics, pour travailler sur la série Aquaman, aux côtés de Dan Jurgens. La série n'ayant pas eu le succès escompté, il repasse chez Marvel à l’occasion de deux numéros de la série Avengers mais, surtout, travaille pour Crossgen Comics.
2004 voit le grand retour de Steve Epting dans le giron Marvel. Et pas n'importe quel retour puisque c’est sur la série Captain America avec Ed Brubaker qu’il œuvre. Cette série est à la fois un succès critique et commercial. C'est Steve Epting qui a eu l’insigne honneur d’être celui qui tua Steve Rogers, dans Captain America #25. Les deux auteurs réussirent ensuite le pari de faire tenir la série sans son héros originel, dans des aventures où se mélangent super-héros, espionnage et série noire.
Les deux compères se retrouvent en 2009 pour Marvels Project qui plonge le lecteur dans une version remaniée des origines des premiers super-héros. Nous retrouvons ainsi, en pleine seconde guerre mondiale, les personnages qui ont façonné l'Age d'Or du comic : Namor, la Torche Humaine, Nick Fury, Captain America, Bucky et leur ennemi de toujours, Crane Rouge.
Toujours en 2009, Epting rejoint Jonathan Hickman sur Fantastic Four dont le point culminant sera la mort de Johnny Storm, The Human Torch, dans le numéro 587. Il dessinera ensuite les premiers épisodes de la nouvelle team (avec spider-man) rebaptisée FF pour Future Foundation.
La page présentée ici (Marvel Universe #1 story page 24 de 1998) et un beau résumé du talent de Steve Epting. Son sens de la composition et du storytelling, son trait précis et élégant, de facture classique, y font merveille. Elle est encrée par l'immense et mythique Al Williamson mort en 2010, auquel Epting voue une profonde admiration (il n'est pas le seul !).
Rien pourtant ne prédestinait cet homme à une carrière d'assassin de super-héros !
Steve Epting a commencé à travailler en 1989 pour l’éditeur indépendant, First Comics.
Début 1991, First Comics ayant disparu du paysage éditorial, Epting envoie des offres de services à divers éditeurs. Il trouve rapidement du travail chez Marvel Comics. Embauché pour réaliser la moitié des épisodes d’un arc bimensuel en six parties de The Avengers, il dessine finalement cinq des six numéros. Il devient peu après le dessinateur attitré de la série. Avec le scénariste Bob Harras et l'encreur Tom Palmer il réalise un long run (#343 à #375) qui marquera les esprits et divisera les fans (Si les dessins d’Epting furent plutôt bien accueillis, les histoires furent quant à elles jugées trop sombres)
Après avoir quitté Avengers en 1994, Epting passe quelques années à travailler sur les X-men. Il fait ensuite un bref passage sur la série X-Factor, mais se concentre surtout sur des annuals, des épisodes spéciaux, et des mini séries. Un avant-goût de mise au placard...
Vers la fin des années 90, Epting quitte Marvel pour rejoindre DC Comics, pour travailler sur la série Aquaman, aux côtés de Dan Jurgens. La série n'ayant pas eu le succès escompté, il repasse chez Marvel à l’occasion de deux numéros de la série Avengers mais, surtout, travaille pour Crossgen Comics.
2004 voit le grand retour de Steve Epting dans le giron Marvel. Et pas n'importe quel retour puisque c’est sur la série Captain America avec Ed Brubaker qu’il œuvre. Cette série est à la fois un succès critique et commercial. C'est Steve Epting qui a eu l’insigne honneur d’être celui qui tua Steve Rogers, dans Captain America #25. Les deux auteurs réussirent ensuite le pari de faire tenir la série sans son héros originel, dans des aventures où se mélangent super-héros, espionnage et série noire.
Les deux compères se retrouvent en 2009 pour Marvels Project qui plonge le lecteur dans une version remaniée des origines des premiers super-héros. Nous retrouvons ainsi, en pleine seconde guerre mondiale, les personnages qui ont façonné l'Age d'Or du comic : Namor, la Torche Humaine, Nick Fury, Captain America, Bucky et leur ennemi de toujours, Crane Rouge.
Toujours en 2009, Epting rejoint Jonathan Hickman sur Fantastic Four dont le point culminant sera la mort de Johnny Storm, The Human Torch, dans le numéro 587. Il dessinera ensuite les premiers épisodes de la nouvelle team (avec spider-man) rebaptisée FF pour Future Foundation.
La page présentée ici (Marvel Universe #1 story page 24 de 1998) et un beau résumé du talent de Steve Epting. Son sens de la composition et du storytelling, son trait précis et élégant, de facture classique, y font merveille. Elle est encrée par l'immense et mythique Al Williamson mort en 2010, auquel Epting voue une profonde admiration (il n'est pas le seul !).
vendredi 10 août 2012
MARKO DJURDJEVIC
D’origine Serbe, né en Allemagne le 23 janvier 1979, Marko Djurdjevic s’est d’abord fait connaître sur le net en « redesignant » les personnages de la série X-Men. Il est vite repéré et reçoit un coup de fil de Maison des Idées. Nous sommes alors en 2006. En quelques années il se fait un nom dans l’univers des Comics pour ses couvertures magistrales pour les titres : Thor, X-Men first class, Blade, Thunderbolts, Daredevil, Mystic Arcana, Wolverine Origins, Spider-man, Avengers, Hulk, Magneto, Captain America, Daredevil, Fear Itself et beaucoup d’autres. (On retrouve une partie de ses œuvres dans son premier artbook, The Marvel Art of Marko Djurdjevic.)
Marko Djurdjevic est un personnage entier et atypique, outre une passion revendiquée pour la vodka (cf. son site http://www.sixmorevodka.com/ et son ancien blog) il n’a pas hésité à claquer la porte de Marvel en 2011, à la suite de déclarations fracassantes sur son scénariste J.M. Straczynski.
Il y revient pourtant et, en 2012, c’est lui qui signe la couverture de Astonishing X-Men # 51 qui illustre le premier mariage gay de l’histoire des comics.
Plus rare comme dessinateur, il a débuté sur Thor. Il a ensuite travaillé sur Avengers, Ultimate Hulk, Age of Heroes, What If ? Civil War, Ultimate Captain America…
La planche présentée ici est la page 7 de Thor # 7 (mai 2008). Il s’agit d’une planche d’atmosphère, sombre et mystique entre runes et corbeaux d’Odin (Thor, couché dans un cercueil de pierre, est plongé dans le sommeil d’Odin afin de régénérer son pouvoir), parfaite pour être encadrée. Elle est ancrée par Danny Miki un des meilleurs encreurs du moment qui a travaillé avec David Finch, Joe Quesada, Olivier Coipel, Carlos Pacheco, Adam Kubert, Salvador Larroca ,etc.
La mise en couleur de la planche a été réalisée par Jelena Kevic Djurdjevic l’épouse de Marko. Il est intéressant de noter à quel point les détails d’encrage de Miki sur la dernière case (les deux arbres torturés et les deux corbeaux) disparaissent sur l’œuvre finale.
CQFD : vive le noir et blanc !
Marko Djurdjevic est un personnage entier et atypique, outre une passion revendiquée pour la vodka (cf. son site http://www.sixmorevodka.com/ et son ancien blog) il n’a pas hésité à claquer la porte de Marvel en 2011, à la suite de déclarations fracassantes sur son scénariste J.M. Straczynski.
Il y revient pourtant et, en 2012, c’est lui qui signe la couverture de Astonishing X-Men # 51 qui illustre le premier mariage gay de l’histoire des comics.
Plus rare comme dessinateur, il a débuté sur Thor. Il a ensuite travaillé sur Avengers, Ultimate Hulk, Age of Heroes, What If ? Civil War, Ultimate Captain America…
La planche présentée ici est la page 7 de Thor # 7 (mai 2008). Il s’agit d’une planche d’atmosphère, sombre et mystique entre runes et corbeaux d’Odin (Thor, couché dans un cercueil de pierre, est plongé dans le sommeil d’Odin afin de régénérer son pouvoir), parfaite pour être encadrée. Elle est ancrée par Danny Miki un des meilleurs encreurs du moment qui a travaillé avec David Finch, Joe Quesada, Olivier Coipel, Carlos Pacheco, Adam Kubert, Salvador Larroca ,etc.
La mise en couleur de la planche a été réalisée par Jelena Kevic Djurdjevic l’épouse de Marko. Il est intéressant de noter à quel point les détails d’encrage de Miki sur la dernière case (les deux arbres torturés et les deux corbeaux) disparaissent sur l’œuvre finale.
CQFD : vive le noir et blanc !
vendredi 3 août 2012
Savage Sword of Conan N° 87 : John Buscema breakdowns & Ernie Chan embellisher
Cette planche plus peut-être que les nombreuses autres œuvres produites par le célèbre tandem John Buscema / Ernie Chan est une co-création.
En effet, cet épisode des aventures de Conan écrit par Michael Fleisher, intitulé « The Armor Of Zulda Thaal » et paru dans Savage Sword of Conan # 87 du mois d’avril 1983 est ainsi créditée dans son sommaire : « John Buscema breakdowns & Ernie Chan embellisher »
Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
Mon ami Google est fort heureusement venu m’éclairer sur ce mystère. Voilà l’explication.
Il n’était pas rare que les artistes de la génération de John Buscema confient leurs ébauches (traduction je le crains imparfaite pour les termes anglais « breakdowns », « loose pencilling approach ». A ne pas confondre avec les « layouts » et autres « Prelims » ou « sketches » généralement réalisés sur des feuilles plus fines et que l’on ne peut parachever et encrer en l’état. Ouf !), les dits artistes confient, donc, leurs ébauches à l’encreur en lui laissant le soin de compléter et de finaliser le dessin. Le dessinateur était alors crédité pour ses « breakdowns » tandis que l'encreur était crédité comme «embellisher» ou «finisher».
Les exigences de rendement n’étaient bien évidemment pas étrangères à cette organisation « scientifique » du travail.
John Buscema a régulièrement eu recours à cette pratique au cours de sa carrière. Sur The Avengers surtout, mais aussi sur Amazing Spider-man (Il a d’ailleurs lui-même tenu le rôle d’embellisher sur ce titre pour John Romita Sr !) ou encore sur Thor.
Il est probable que cela donna l’occasion à Chan de démontrer qu’il pouvait être autre chose qu’un encreur, qu’il avait appris du maître, et qu’on pouvait lui confier le titre en remplacement de Big John. Son travail fut suffisamment convaincant puisqu’on lui confia la suite des aventures du Cimmérien pendant de nombreuses années.
Sur cette page, le style de Buscema est immédiatement reconnaissable. Le trait de Chan ne s’était pas encore libéré de l’héritage de son mentor, comme ce sera le cas plus tard, et c’est tant mieux !
Comme le dit l’accroche du run Avengers : Under Siege paru en février 2012 et reprenant les comics # 270 à # 277 : « John Buscema's breakdowns were better than most artist's full pencils. Every panel filled with a sense of kinetic energy. »
C’est d’ailleurs tellement vrai que les « layouts » de John Buscema se vendent de plus en plus chers, parfois même plus chers que certaines œuvres encrées.
Comme dit le proverbe : il vaut mieux un bon crayonné qu’un encrage massacré !
S'agit-il d'un avant-projet donnant une idée de la réalisation envisagée ? CRAYONNÉ
S'agit-il d'un dessin fait rapidement afin de se donner une idée ? CROQUIS
S'agit-il d'un dessin qui servira de guide ? ESQUISSE
S'agit-il de l'état premier d'un dessin, avant toute retouche ? PREMIER JET
S'agit-il de l'état premier d'un dessin, pouvant avoir été quelque peu retouché ? ÉBAUCHE
S'agit-il de l'état premier d'une planche ? BROUILLON
En effet, cet épisode des aventures de Conan écrit par Michael Fleisher, intitulé « The Armor Of Zulda Thaal » et paru dans Savage Sword of Conan # 87 du mois d’avril 1983 est ainsi créditée dans son sommaire : « John Buscema breakdowns & Ernie Chan embellisher »
Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
Mon ami Google est fort heureusement venu m’éclairer sur ce mystère. Voilà l’explication.
Il n’était pas rare que les artistes de la génération de John Buscema confient leurs ébauches (traduction je le crains imparfaite pour les termes anglais « breakdowns », « loose pencilling approach ». A ne pas confondre avec les « layouts » et autres « Prelims » ou « sketches » généralement réalisés sur des feuilles plus fines et que l’on ne peut parachever et encrer en l’état. Ouf !), les dits artistes confient, donc, leurs ébauches à l’encreur en lui laissant le soin de compléter et de finaliser le dessin. Le dessinateur était alors crédité pour ses « breakdowns » tandis que l'encreur était crédité comme «embellisher» ou «finisher».
Les exigences de rendement n’étaient bien évidemment pas étrangères à cette organisation « scientifique » du travail.
John Buscema a régulièrement eu recours à cette pratique au cours de sa carrière. Sur The Avengers surtout, mais aussi sur Amazing Spider-man (Il a d’ailleurs lui-même tenu le rôle d’embellisher sur ce titre pour John Romita Sr !) ou encore sur Thor.
Il est probable que cela donna l’occasion à Chan de démontrer qu’il pouvait être autre chose qu’un encreur, qu’il avait appris du maître, et qu’on pouvait lui confier le titre en remplacement de Big John. Son travail fut suffisamment convaincant puisqu’on lui confia la suite des aventures du Cimmérien pendant de nombreuses années.
Sur cette page, le style de Buscema est immédiatement reconnaissable. Le trait de Chan ne s’était pas encore libéré de l’héritage de son mentor, comme ce sera le cas plus tard, et c’est tant mieux !
Comme le dit l’accroche du run Avengers : Under Siege paru en février 2012 et reprenant les comics # 270 à # 277 : « John Buscema's breakdowns were better than most artist's full pencils. Every panel filled with a sense of kinetic energy. »
C’est d’ailleurs tellement vrai que les « layouts » de John Buscema se vendent de plus en plus chers, parfois même plus chers que certaines œuvres encrées.
Comme dit le proverbe : il vaut mieux un bon crayonné qu’un encrage massacré !
Pour en savoir plus sur les subtiles différences entre crayonné, esquisse, ébauche etc :
S'agit-il d'un avant-projet donnant une idée de la réalisation envisagée ? CRAYONNÉ
S'agit-il d'un dessin fait rapidement afin de se donner une idée ? CROQUIS
S'agit-il d'un dessin qui servira de guide ? ESQUISSE
S'agit-il de l'état premier d'un dessin, avant toute retouche ? PREMIER JET
S'agit-il de l'état premier d'un dessin, pouvant avoir été quelque peu retouché ? ÉBAUCHE
S'agit-il de l'état premier d'une planche ? BROUILLON
samedi 9 juin 2012
Don HECK
Don Heck est l’un des grands noms de l’âge d’argent du comics. Il est né en 1929 et est mort en 1995.
Dessinateur prolifique (Spider-man, Ka-zar, Iron Man Avengers, X-men, Submariner, Dracula, Ghost Rider, Daredevil, Captain America, Captain Marvel…) il est plus connu pour son travail sur Iron Man dont il est le co-créateur et sur Les Vengeurs dont il sera longtemps le dessinateur attitré.
Il est aussi le créateur de Oeil de Faucon, de la Veuve Noire, de Wonder Man et du Mandarin.
Plus tard, il dessinera Justice League of America, Wonder Woman et Flash pour DC Comics.
Superbe florilège de héros et vilains, on peut voir sur cette planche Docteur Strange contre Dormammu, Iron-Man contre la Dynamo Pourpre, Spider-Man contre le Super-Bouffon et Wolverine contre Hulk.
Huit personnages emblématiques sur une seule page dessinée et encrée par Don Heck !
Qui dit mieux ?
Dessinateur prolifique (Spider-man, Ka-zar, Iron Man Avengers, X-men, Submariner, Dracula, Ghost Rider, Daredevil, Captain America, Captain Marvel…) il est plus connu pour son travail sur Iron Man dont il est le co-créateur et sur Les Vengeurs dont il sera longtemps le dessinateur attitré.
Il est aussi le créateur de Oeil de Faucon, de la Veuve Noire, de Wonder Man et du Mandarin.
Plus tard, il dessinera Justice League of America, Wonder Woman et Flash pour DC Comics.
Superbe florilège de héros et vilains, on peut voir sur cette planche Docteur Strange contre Dormammu, Iron-Man contre la Dynamo Pourpre, Spider-Man contre le Super-Bouffon et Wolverine contre Hulk.
Huit personnages emblématiques sur une seule page dessinée et encrée par Don Heck !
Qui dit mieux ?
dimanche 11 mars 2012
Wellinton ALVES
Outre Robert E Howard’s Savage sword chez Dark Horse Wellinton Alves a travaillé pour Marvel sur divers titres : Nova, Marvel Adventures, Marvel Heroes, Daredevil, Marvel Zombies return, Power man et Iron fist, Inhumans, Dark Reign.
Deux autres exemples de son travail sur Captain America & Doctor Strange effectués au crayon sur Blue Line au format A4
Deux autres exemples de son travail sur Captain America & Doctor Strange effectués au crayon sur Blue Line au format A4
samedi 10 mars 2012
Wellinton ALVES
Robert E Howard’s Savage sword paru chez Dark Hors comics, c’est l’occasion de redécouvrir tous les principaux héros de Robert E Howard réadapté ou réédité. Conan bien sûr, mais aussi Kull, Steve Costingan, El Borak Agnes la Noire, Niord, Bran Mac Morn. On y retrouve de grands noms (Gil Kane, Barry W Smith, Tim Conrad…) aux côtés de petits nouveaux tels que Wellinton Alves, dessinateur brésilien, dont vous trouverez ci-dessus deux planches à l’encre de chine sur papier Dark Horse
vendredi 16 décembre 2011
JOHN ROMITA JR
Fils de l'immense John Romita Sr, John Romita Jr (donc) a mis de nombreuses années pour accéder à la notoriété et effacer l'ombre paternelle.
Le temps sans doute qu'il se découvre un style propre (il faut reconnaître que ses premières planches étaient pour le moins insipides et peu inspirées).
Il bénéficie aujourd'hui d'un style reconnaissable entre tous - et parfois décrié, il faut bien le reconnaître -, ce qui est je crois la patte des maîtres.
Artiste très prolifique (mais fidèle) il a travaillé depuis ses débuts chez Marvel en 1976, sur des dizaines de projets et séries parmi lesquels on peut en vrac citer Iron man, Avengers, Spiderman, Hulk, Thor, X-Men, Daredevil, Wolverine...
Il a réalisé aussi un grand nombre de couvertures.
Sa renommé a grandi encore d'un cran lorsqu'un de ses héros "Kick-Ass" a été porté à l'écran avec le succès que l'on sait.
Son travail sur Thor dont voici un bel exemple a été particulièrement apprécié.
Je vous présente ici la page 11 du numéro 18 de Thor Vol 2 (1999). Elle représente Thor en compagnie de la Sorcière Ecarlate (Scarlet Witch).
Première caractéristique intéressante : la planche est encrée par une légende du comic book américain : Dick Giordano qui a surtout officié chez DC dont il a également été le rédacteur en chef (Il a travaillé notamment avec Neal Adams ou Jim Aparo). Il est mort le 27 mars 2010.
Deuxième caractéristique rare : la planche est accompagnée d'une photocopie de la planche avant encrage. On a ainsi un exemple très instructif de l'art de JrJ avant finition par l'encreur. Cette copie porte le cachet "JOHN ROMITA JR"
La planche proprement dite est bien sûr un original. Elle est frappée au dos du cachet Marvel et porte les annotations du scénariste (Dan Jurgens) au crayon papier.
Le temps sans doute qu'il se découvre un style propre (il faut reconnaître que ses premières planches étaient pour le moins insipides et peu inspirées).
Il bénéficie aujourd'hui d'un style reconnaissable entre tous - et parfois décrié, il faut bien le reconnaître -, ce qui est je crois la patte des maîtres.
Artiste très prolifique (mais fidèle) il a travaillé depuis ses débuts chez Marvel en 1976, sur des dizaines de projets et séries parmi lesquels on peut en vrac citer Iron man, Avengers, Spiderman, Hulk, Thor, X-Men, Daredevil, Wolverine...
Il a réalisé aussi un grand nombre de couvertures.
Sa renommé a grandi encore d'un cran lorsqu'un de ses héros "Kick-Ass" a été porté à l'écran avec le succès que l'on sait.
Son travail sur Thor dont voici un bel exemple a été particulièrement apprécié.
Je vous présente ici la page 11 du numéro 18 de Thor Vol 2 (1999). Elle représente Thor en compagnie de la Sorcière Ecarlate (Scarlet Witch).
Première caractéristique intéressante : la planche est encrée par une légende du comic book américain : Dick Giordano qui a surtout officié chez DC dont il a également été le rédacteur en chef (Il a travaillé notamment avec Neal Adams ou Jim Aparo). Il est mort le 27 mars 2010.
Deuxième caractéristique rare : la planche est accompagnée d'une photocopie de la planche avant encrage. On a ainsi un exemple très instructif de l'art de JrJ avant finition par l'encreur. Cette copie porte le cachet "JOHN ROMITA JR"
La planche proprement dite est bien sûr un original. Elle est frappée au dos du cachet Marvel et porte les annotations du scénariste (Dan Jurgens) au crayon papier.
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